Santorin et les Cyclades avec Dessiner & Croquer la vie

Certains(es) ont peut-être déjà suivi un petit extrait du périple qui m’emmena aux Cyclades. Je tenais à te conter l’ensemble de cette escapade merveilleuse.

Ce voyage autour des Cyclades, pour moi et ma mie, fût réellement fabuleux. Le bleu, l’énergie et la sérénité dégagé par ces lieux magnifiques et idylliques sont incroyablement enivrants.

Un départ sur un coup de tête.

Tu dois connaitre ça. L’idylle fougueux d’un amour naissant. Dans une vie prise par les contraintes et tracas quotidiens, tu rencontres un jour une âme sœur qui émane une aura tellement lumineuse que tu n’as qu’une idée en tête, l’accompagner au bout du monde tant que le chemin te le permettra. Et bien c’est ce qu’elle a ressenti en voyant le bellâtre que je suis dans la lumière d’un contrejour estival. Bon, c’était peut-être uniquement le contrejour, se dit-elle maintenant.

Enfin passons, je ne crois pas avoir prévu de te raconter ma vie sentimentale. :)

Bagnere

Je tiens une de ces formes. Beaucoup mieux qu’à l‘arrivée à Athènes. Nous venions de passer environ trois heures coincés dans ces fauteuils inconfortables de classe économique. Moi qui suis d’une taille moyenne, mes genoux ont ressenti toutes les turbulences. Je plains les personnes de plus d’un mètre quatre vingt cinq, hmm. quatre vingt d’accord.

Bon, on quitte l’avion, direction l’hôtel proche du port pour un départ le surlendemain en Jet ferry.
Un petit tour au bar en toiture avant de se restaurer. Un peu désorienté le langage coincé entre toutes les frontières traversées durant le vol, je demande une bière en espagnol. Ma mie d’un cou de coude m’agite et sourie gentiment à la barmaid qui esquisse un rictus hagard et me glisse la « cerbeza de barril » sur le comptoir. Oups, Tu veux boire quelque chose ma douce? Évidement qu’elle avait soif. Mais comme elle avait gardé l’anglais que j’avais laissé dans mes bagages, je l’ai laissé commander.

Après, cette soirée d’adaptation, notre état euphorique dû à l’excitation de nos sens et nos neurones frisées comme après un passage au micro onde, nous nous sommes administrés une Kotosoupa et une bonne nuit de sommeil. En espérant que mon anglais me revienne demain.

Au lendemain d’une nuit des plus banales, (si si je t’assure), et après une bonne toilette matinale, nous voilà en route pour l’Acropole et le Parthénon construit en l’honneur de la déesse Athéna avec qui j’avais passé la nuit. Un édifice des plus raffiné ayant une telle perfection de proportions qu’il était réputé dès l’antiquité pour son respect du nombre d’or. Vas-y, sincèrement ça vaut le détour, la vue sur la ville est vraiment exceptionnelle.

1-Athenes

Main dans la main, Athéna et moi, après une longue découverte du site et de ses théâtres, prenons le chemin de la vielle ville d’Athènes. Très pittoresque, ce quartier regorge de marchands de souvenirs. Tu y trouves des pièges à touriste et surtout, tu peux manger des spécialités culinaires dans des restaurants très agréables et bien ombragés. A eux seuls, ils valent la peine d’y faire escale.

2-Athenes

La pause étant faite, direction le Temple de Zeus. Bon là, je tiens vraiment à faire mes excuses à tout le peuple grecque pour la bourde que j’ai faite. Comme je n’ai pas l’habitude de me défiler devant mes responsabilités, je tiens à vous assurer que  je n’ai vraiment pas fait exprès de faire tomber l’une des colonnes. En même temps, je trouve que ça donne du charme à l’ensemble et que ça ne dénote pas du reste des vestiges. En espérant ne pas attirer les foudres de Zeus.

Ne faisons pas le fanfaron. Athéna me tire le bras à deux reprises comme pour me dire qu’il était temps. Discrètement, en sifflant, nous prenons la direction du Stade Antique Olympique rénové fin XIXème. Il est tout en marbre. Magnifique.

3-AthenesJetFerry

 

Bon, comme il est un peu tard à ce moment là et que nous ne voulons pas trainer dans le coin, en faisant attention à ne rien casser en chemin, nous rentrons à l’hôtel. Un petit rafraichissement s’impose. Au comptoir, la barmaid, grisée de la veille, attend sévèrement que je m’adresse à elle pour la commande.
Après la journée passée en ville avec Athéna, mon anglais revient peu à peu et je me surprend même à parler en grec en lisant la carte des mets du soir.

Le lendemain, premiers rayons de soleil levés, les valises dans le coffre, le chauffeur nous emmène au Pirée (principal port d’Athènes) pour l’embarcation.

 

A couper le souffle. Nous n’avions jamais mis le pied aux Cyclades ni même en Crète, ma mie et moi. Nous ne nous doutions pas une seconde que les couleurs se jetteraient sur nous.

4-Naoussa

Attaque de turquoise digérée, nous prenons un navire en direction de Délos. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, elle est l’île natale d’Apollon et d’Artémis. Aride et inhabitée, elle montre les vestiges antiques d’une ville isolée par les caprices du vent. Cette île est le paradis de la pierre. Beaucoup sont taillées, d’autres empilées, certaines cassées ou érodées, enfin toutes les familles de pierres sont là. (Comme tu as pu le constater, je suis pas très calée en minéralogie).

Juste derrière, à quelques miles nautiques de là, se trouve Mikonos, reconnaissable entre mille, grâce à ses moulins et son petit Venise.

7-Mikonos

Mikonos

Une balade, un déjeuner et une insolation plus tard nous voilà errant dans les rues, ruelles, placettes, complètement désorientés et assommés.

Nous regrettons un peu ce passage de fatigue. Après quelques petits échanges ça et là avec les autochtones que nous avons croisés, une pause à l’ombre en bordure de mer les pieds dans l’eau s’imposa. Une fois rétablis de ce petit malaise partagé, nous avons ré-ouvert les yeux face à la mer. Il était temps, le commandant attendait notre arrivée pour lever l’ancre.

Ce soir là, en rentrant à l’hôtel, étalés sur les chaises longues, abasourdis et rêveurs par tant de beauté, nous nous sommes regardés dans l’âme avec Athéna. Pas un mot ne sortait de notre bouche. Une lueur flamboyante embrasa nos cœurs. Nous nous sommes enlacés en contemplant un horizon majestueux.

Une nuit calme nous amena au lendemain ;).

Bagnere

Réveil matinal et petit déjeuner au bord de l’eau. Les embruns me frisaient les poils du nez et le chant des oiseaux nous caressait les oreilles.

« Aujourd’hui mon Apollon, me dit-elle, j’aimerais beaucoup faire une balade à Lefkès ».

Quelle belle idée! Ce village est quasiment au centre de Paros. Il domine l’île et la vue en est d’autant plus magnifique. Ni une ni deux, nous voilà cheveux au vent, chevauchant deux ânes vers ce magnifique petit village.

Heu! Non, finalement, les ânes étaient en pannes, nous avons pris un bus.

6-Lefkes

Village de LEFKES

Comment il est beau ce village! Il lui manque juste la mer, c’est sans doute pour cela que nous nous engageâmes vers Naoussa où nous avons passé le reste de la journée.

Ce petit port de pêche en pleine mer Égée est le plus beaux que je n’ai jamais vu. Les bords de plage sont longés de petits bars restaurants dont les terrasses intimistes sont quasi aquatiques. On est vraiment loin des soit disant tracas du quotidien.

Port de Naoussa

Port de Naoussa

Ce soir là, en rentrant à l’hôtel, étalés sur les chaises longues, abasourdis et rêveurs par tant de beauté, nous nous sommes regardés dans l’âme avec Athéna. Pas un mot ne sortait de notre bouche. Une lueur flamboyante embrasa nos cœurs. Nous nous sommes enlacés en mirant un horizon majestueux. Oui c’était comme la soirée d’hier :) mais cette fois, nous étions chargés d’un espèce de poids supplémentaire.

Nous quittions l’île le lendemain pour Santorin.

Nous ne savions pas ce que nous réservait le jour d’après et nous aurions beaucoup aimé poser nos valises ici pour le restant de notre temps. Profitant du présent, nous nous devions de respirer le bon air qui nous était offert.

Le bonheur que nous partagions à ce moment là, devrait pouvoir être partager par tous.

Comme nous étions et sommes encore jeunes et beaux, nous nous sommes mis « Dirty » au dancing de l’hôtel, avant d’aller dans notre chambre pour y passer une bonne nuit reposante ;)

Nous avions entendu parlé de Santorin, « La perle des Cyclades ».

Athéna et moi, savions que les Cyclades avaient encore beaucoup de secrets à nous révéler. C’est avec le cœur léger que nous partîmes le lendemain à bord d’un de ces Jet Ferry qui sillonnent la mer Égée comme les avions sillonnent les airs.

Quelques miles nautiques, le mal de mer en plus pour certains, nous emmènent à destination. Nous voilà débarqués sur Thira, la crête d’un cratère de volcan immergé. Si tu ne connais pas, je te suggère d’y aller un jour. C’est vraiment impressionnant.

Tu dois quand même savoir que le volcan Santorin risque, à tout moment, d’entrer en éruption. La plus destructrice a eu lieu il y a 3600 ans et depuis, il y en a eu huit autres. La dernière date de 1950.  L’îlot central Néa Kamini, expire des vapeurs de méthane et de dioxyde de carbone continuellement.

8-Santorin

Après réflexions, nous sommes allés visiter Ia (oia), le village le plus au nord du cratère et le plus extraordinaire que je n’ai jamais vu. C’est formidable comme les couleurs y sont exaltées. Ce village qui ressemble à un mont enneigé de loin, s’habille de robes des plus chamarrées quand vient à lui des hôtes curieux de découvrir ses secrets.

Ia (oia)

Ia (oia)

Les photos ont été prises avec un téléphone de l’époque paléolithique. Mais tu peux quand même voir l’incroyable beauté du lieu. C’est magique, prodigieux, hallucinant, fantastique, fabuleux, incroyable, merveilleux, ÉNORME.

Après avoir fait une pause d’un temps indéterminé, nous rentrâmes par Thira afin de trouver de quoi nous désaltérer. Nous reprîmes la route à pied pour apprécier le couché de soleil assis sur le bord d’un muret. Les yeux attirés inévitablement sur le cratère, nous sommes tout les deux partis, mains dans la mains, dans un monde idyllique.

Décidés et sans plus aucunes craintes, nous décidâmes de fouler cette terre bouillonnante dès le lendemain. De toutes façons, s’il venait à entrer en éruption, nous aurions les yeux, le cœur et l’âme remplis d’amour, de beauté et de bonheur.

Posés sur le muret, les yeux fixant l’impétueux:

Une vibration, une énergie enivrante transperça mon abdomen.
T’es tu déjà amusé à faire comme Rose dans Titanic?

Tu te cale à la proue du bateau, les yeux perdus dans l’immensité.
Tu ne distingues même plus le bleu du ciel et de la mer.
Tu t’assures d’être bien calé(e) avant de les fermer.
Tu as l’impression de flotter, d’être en apesanteur, Quel bonheur!

Le bleu s’empare de toi.
Les embruns pétillent sur ton visage.
L’air frise chacun de tes poils et caresse tes cheveux.
Les odeurs marines pénètrent ton corps. C’est énorme.

Bagnere
C’est exactement ce que j’ai ressenti quand je me suis assis face à la Caldeira. Une espèce de vague de sérénité s’empara de moi.
J’étais sous l’emprise de la nature. La nature était moi, j’étais la nature. Un truc de dingue de plus partagé avec ma douce.

Abasourdis et rêveurs par tant de beauté, nous nous sommes regardés dans l’âme avec Athéna. Pas un mot ne sortait de notre bouche. Une lueur flamboyante embrasa nos cœurs. Nous nous sommes enlacés en contemplant un horizon ésotérique et majestueux.

 

10-FaceAuGeant

Face au GEANT

Quand décidés, nous nous sommes relevés, toutes ces sensations se mélangèrent et créèrent en moi un tourbillon d’exaltation.
Le souffle coupé, je ne me sentais plus comme Kate Winslet mais plutôt comme la regrettée Gloria Stuart.
Les jambes tremblantes, tant bien que mal, je me relève en poussant l’objet de mon péché:
La bouteille de Ouzo que nous avions acheté en ville avant de nous délecter de ce paysage incroyable. On nous avait fait croire que cette boisson se buvait sans eau.
Il était temps.
Sourire jusqu’aux oreilles et titubant, je restais vigilant pour ne pas faire tomber Athéna. Elle eut beaucoup de mal à me soutenir jusqu’à la chambre.
Demain, nous irions faire un pas sur la lune du géant ensommeillé. Ou plutôt, mettre le pied sur le cratère et nous baigner dans les eaux chaudes, après avoir emprunté la chaloupe du commandant Aliagas.

 

11-NeaKameni

NEA KAMENI

 

Pas si terrible que ça. La bête n’a même pas frémi. Nous avons, comme prévu, pausé les pieds sur le volcan endormi. Nous nous sommes baignés dans les eaux chauffées de Paléa Kameni sa petite sœur.  Curieux de voir Thirasia pour en découvrir la beauté sauvage et beaucoup moins touristique que Thira, nous avons repris la chaloupe.

Cette semaine de voyage « découverte » fut absolument apaisante et merveilleuse. Certainement l’un des plus beaux voyages à faire en amoureux. Je te le conseille vivement et te souhaite de le faire au moins une fois dans ta vie.

A très vite pour le prochain récit de voyage autour d’une autre terre et sur un autre chemin.

12-Nous

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